HISTOIRE DE L'AVIATION

LA CONQUÊTE SPATIALE



Inroduction

Si la conquête de l'espace figure dans le chapitre Histoire de l'aviation, c'est tout simplement que l'espace est le prolongement naturel de l'aéronautique. Les premiers hommes à voler dans l'espace étaient tous des pilotes chevronnés qui ont tous subis une sélection draconienne et un entrainement sévère pour voyager dans l'espace.
L'exploration du système solaire avec des sondes fera l'objet d'une autre page.

La Terre dans le système solaire

Espace OrbiteTerre Notre planète, la Terre, a une circonférence de : 42.000 km et un diamètre de 12.756 km. Elle tourne en 23 h 56 min autour de son axe dont l'inclinaison est de 23°43' par rapport au plan de l'écliptique. Elle gravite autour du Soleil, situé à environ 150 millions de km, en 365,25 jours. Son satellite naturel, la Lune, évolue à une distance moyenne de 370.000 km. L'atmosphère est l'enveloppe gazeuse de la Terre. Son épaisseur est difficile à définir puisque sa densité s'atténue lentement, mais on peut avoir des satellites évoluant (pas longtemps!) à partir de 250 km d'altitude. Les corps qui traversent l'atmosphère sont soumis à l'attraction terrestre mais aussi à des frottements. L'atmosphère est très dense surtout dans les 100 km les plus proches, formant ce que l'on appelle la "sphère de Karman".
- de 0 à 5.000 mètres : les petits oiseaux, les oiseaux migrateurs et les petits avions (aéro clubs)
- vers 9.000 mètres : les avions de ligne (Airbus, Boeing...)
- à 17.000 mètres évoluait le Concorde
- à 40 km : les ballons stratosphériques
- à 300 km : la navette spatiale américaine, et les satellites espions
- vers 400 km : les stations spatiales. La station ISS
- de 600 km à 800 km : les satellites d'observation
- à 35.768 km : les satellites géostationnaires
L'espace extra-atmosphérique ou cosmos est la partie qui se situe au-delà de l'atmosphère terrestre et qui n'a pas de limite.
Espace Vide Spatial

Les évolutions des engins spatiaux.

Espace Evolution Engin spatiaux Les orbites sont les trajectoires parcourues par les engins spatiaux autour de la terre (ou autour d'autres planètes).
Selon leur distance par rapport à la terre, il y a :
- les orbites circulaires qui peuvent être polaires ou équatoriales ou d'incidences différentes, on distingue les orbites circulaires basses (200 à 1.000 km), utilisées pour les vols habités et pour les satellites d'observation, et les orbites circulaires hautes (surtout pour les satellites de navigation).
- les orbites elliptiques, avec apogée (point distal) et périgée (point proximal)
- les orbites géostationnaires, situées à 37.568 km.
La vitesse d'un satellite dépend de son altitude. D'après une Loi de Kepler, une orbite est parcourue à une vitesse d'autant plus faible que son altitude est plus élevée.
Sur ce schéma la trajectoire est elliptique ce qui permet de constater que, pour une durée identique (t), les distances parcourues sont plus faibles lorsque le satellite est éloigné de la Terre.
A 250 km d'altitude un satellite évolue à environ 7,75 km par seconde et fait le tour de la Terre en 1 h 30.
A 36 000 km d'altitude on tombe à 3 km par seconde et une durée de 24 h pour un tour !
Espace Loi de Kepler
Espace Evolution Engin spatiaux Un satellite (artificiel) est un engin qui a été placé en orbite autour d'un astre de masse plus importante.
On distingue des satellites:
- d'astronomie,
- de navigation,
- de météorologie (à défilement ou géostationnaires),
- de télécommunication,
- militaires (d'observation, de surveillance ou de reconnaissance);
Les satellites sont alimentés par l'énergie lumineuse solaire convertie en énergie utilisable par effet photovoltaïque, par des batteries ou par des piles à combustibles.

1957 - Les premiers succès sont soviétiques

La R-7 Semiorka « Petit 7 », est la toute première fusée, mise en œuvre par Sergueï Korolev, à avoir placé un satellite en orbite autour de la Terre. A la base, cette fusée est formée sur le modèle d'un missile intercontinental russe créé en 1956. C'est depuis le cosmodrome de Baïkonour, Kazakhstan, que le 4 octobre 1957 la première fusée R7-Semiorka est lancée avec succès, avec dans sa coiffe le satellite Spoutnik .
R-7 Semiorka
Spoutnik 1 Spoutnik (signifiant « compagnon de route » ou « satellite ») est le nom d'une série de satellites lancés par l'URSS au tout début de la conquête de l'espace, et qui firent entrer l'Homme dans l'ère spatiale.
Boule de métal de 58 cm de diamètre et pesant 83,6 kg, il tournait autour de la Terre en environ 96 minutes (orbite basse elliptique de 250 à 960 km). Sa seule fonctionnalité a été l'émission d'un « bip-bip » grace à ses 4 antennes.

1957 - Premier vol habité par un chien - Union Soviétique

Le succès de Spoutnik 1 ayant été considérable, les soviétiques désiraient franchir un nouveau pas : envoyer un être vivant dans l'Espace ! Nikita Khrouchtchev imposa rapidement le lancement d'un second engin habité pour impressionner les Américains. Sur ses ordres, dans l'urgence et sans véritable test de fiabilité, la construction de Spoutnik 2 fut effective en quatre semaines seulement. Une précipitation qui allait s'avérer fatale pour la petite chienne Laïka ( aboyeur en russe) puisque dés le départ du projet il était convenu qu'ils ne pourraient pas la récupérer. Chienne Laika
Spoutnik 2 Laïka fut installée dans la capsule de Spoutnik 2 le 31 octobre 1957, mais le lancement n'eut lieu que le 3 novembre 1957. Lors de la montée de la fusée, alors que la vitesse atteignait près de 28,800 km/heure, le rythme cardiaque de Laïka subit une très forte augmentation : avant le décollage, il était de 103 pulsations par minute et après, il passa à 240 par minute! Lors de la période d'accélération, elle se retrouva plaquée au sol de sa cabine. Une fois en apesanteur, il lui a fallu trois heures pour retrouver son rythme normal, soit trois fois plus que lors des essais au sol. Tout de suite après sa mise en orbite, le satellite ne se sépara pas des réacteurs comme il était prévu, ce qui entraîna de graves problèmes de régulation thermique. Au bout de quatre à cinq heures de vol, ils constatèrent une dramatique hausse de la température à l'intérieur de l'habitacle (41°C). Comble de malheur, et surtout à cause d'un manque de planification, la capsule ne possédait aucune protection contre les radiations solaires, ce qui augmenta encore plus la chaleur. Laïka n'a plus donné aucun signe de vie à compter de la cinquième heure et on n'enregistra plus aucune donnée.

1958 - Les premiers succès des Etats-Unis

Le lancement de Spoutnik fut vécu comme un véritable traumatisme par les Etats-Unis, les budgets de la N.A.S.A. furent débloqués grâce au discours de L. Johnson (alors Vice-Président, chargé de l'Espace) au Sénat américain, qui déclarait "L'Angleterre a été la maîtresse du monde grâce à ses navires et les américains grâce à leurs avions. Celui qui maîtrisera l'espace maîtrisera le monde.
Le 1er février 1958, à 3h48 UTC, la fusée Juno I est lancée depuis la base de Cape Canaveral en Floride et place sur orbite le satellite Explorer 1, qui devient ainsi le premier satellite terrestre américain. Ce satellite faisait partie du programme américain pour l'année géophysique internationale et surtout une réponse au lancement de Spoutnik 1.
Fusee Juno

1961 - Premier vol humain en orbite - Union Soviétique

Le programme Vostok voulant dire « Est » en russe était un projet spatial soviétique destiné à envoyer des humains dans l'espace. La fusée soviétique Vostok 3KA est lancé le 12 avril 1961 depuis le cosmodrome de Baïkonour avec à son bord le cosmonaute Youri Gagarine. Après avoir bouclé une orbite sans rencontrer de problème, le vaisseau effectua une rentrée mouvementée mais atterrit sans encombre dans la région de Saratov.

Capsule Vostok.
Cabine Vostok

FuseeVostok

1961 - Premier vol habité - États-Unis

Fusee Mercury Le programme Mercury est le premier programme spatial américain à avoir envoyé un homme dans l'espace. Il a été lancé en 1958, quelques jours après la création de l'agence spatiale américaine NASA, et s'est achevé en 1963. Les objectifs du programme étaient de placer un homme en orbite autour de la Terre, d'étudier les effets de l'apesanteur sur l'organisme humain et de mettre au point un système de récupération fiable du vaisseau spatial et de son équipage. Le 5 mai 1961, un peu plus de trois semaines après le vol triomphal du Soviétique Iouri Gagarine autour de la Terre, Alan Shepard effectue un vol balistique de 15 minutes au-dessus de l'océan Atlantique à bord de la capsule Freedom-7. La capsule culmine à 186 kilomètres d'altitude et retombe dans l'Atlantique à 483 kilomètres de Cape Canaveral, en Floride, d'où elle a été lancée. Une tour de sauvetage (en rouge) située au sommet du vaisseau devait permettre d'écarter la capsule Mercury en cas de défaillance de la fusée durant la phase propulsée.


1962 - Premier vol humain en orbite - États-Unis

Le 20 février 1962 Virgil Grissom est le premier américain à effectuer un vol orbital autour de la Terre dans le cadre de la mission Friendship 7 du programme Mercury, près de 10 mois après le vol du soviétique Youri Gagarine. Il effectua trois fois le tour de la Terre. La capsule Mercury était un vaisseau spatial minimaliste de 1,5 tonne et de forme conique, conçu pour accueillir un seul astronaute et doté de moteurs d'orientation lui permettant des manœuvres limitées une fois placé en orbite ainsi que de rétrofusées pour sa rentrée dans l'atmosphère.


Cabine Mercury

1964 - Programme Gemini États-Unis

Fusee Gemini Gemini a été le second programme de vols spatiaux habités lancé par les États-Unis d'Amérique après le programme Mercury
De 1963 à 1966 10 missions Gemini sont lancées. Les objectifs du programme Gemini étaient de parfaire les techniques utilisées par les vols spatiaux, surtout pour préparer les vols habités du programme Apollo. Les missions Gemini furent pour la NASA l'occasion de réaliser ses premières sorties dans l'espace et des amarrages entre les capsules et des fusées Agena.
C'est aussi dans le cadre de ce programme que fut utilisé pour la première fois dans l'espace un ordinateur embarqué.
Le premier vol de Gemini 1 eut lieu du 8 avril 1964 au 12 avril 1964 soit 4 jours et 64 tours autour de la terre.
Mais le premier vol habité fut réalisé avec Gemini 3, le 23 mars 1965. Équipage était Virgin Grissom et John Young. Durée : 4 heures 52 minutes avec 3 tours autour de la Terre.



1965 - Sortie dans l'espace ou sortie extravéhiculaire soviétique

Pour relever le défi américain en attendant la mise au point du vaisseau triplace Soyouz, Korolev responsable du programme spatial propose d'adapter rapidement le vaisseau Vostok pour lui permettre d'emporter 3 cosmonautes.
La mission Voskhod 2 est lancée le 18 mars 1965 avec à son bord Pavel Beliaïevn et Alexei Leonov. Au cours de celle-ci Leonov effectue la première « marche dans l'espace » jamais réalisée par un homme d'une durée de 10 minutes. Pour permettre la sortie dans l'espace, le vaisseau de la mission Voskhod 2 est modifié et emporte un sas gonflable et amovible fixé sur le côté du module pressurisé. Au décollage, le sas est stocké en position repliée contre l'écoutille du vaisseau Voskhod, formant une excroissance de 74 cm d'épaisseur sur la coque du vaisseau.
Voskhod

1965 - Sortie dans l'espace ou sortie extravéhiculaire américaine

A la suite du Programme Mercury, les américains développent le Programme Gemini pour acquérir une meilleure maîtrise de l'espace avec des vols de longue durée et sorties dans l'espace. Le Président Kennedy décide alors que les américains seront les premiers à poser le pied sur la lune.
La mission Gemini 4 eut lieu du 3 juin 1965 au 7 juin 1965 soit 4 jours et 62 tours autour de la Terre, et fut marquée par la première sortie dans l'espace d'un américain : Edward H. White est devenu le premier Américain à sortir de son vaisseau spatial pendant 23 minutes, il flottait autour du vaisseau Gemini. Il était relié à l'engin spatial, par un cordon ombilical de 7,5 mètres enveloppée dans une bande d'or pour former une corde. La visière de son casque est plaqué or pour le protéger contre les rayons non filtrés du soleil.

Sortie espace White Cabine Gemini

1965 - Programme Diamant Français

Fusee Diamant Astérix est le premier satellite artificiel français lancé le 26 novembre 1965 à 15 heures 47 minutes 21 secondes (heure de Paris) par une fusée Diamant-A depuis le Centre Interarmées d'Essais d'Engins Spéciaux d'Hammaguir au sud de l'Algérie.
Grâce à ce lancement réalisé par le CNES, la France devient la troisième puissance spatiale après l'Union soviétique et les États-Unis.
Le site de lancement a été abandonné en juillet 1967 pour être transféré à Kourou en Guyanne.


1966 - Programme Apollo

Le programme Apollo est le programme spatial de la NASA mené durant la période 1961 – 1975 qui a permis aux États-Unis d'envoyer pour la première fois des hommes sur la Lune. Il fut lancé par John F. Kennedy le 25 mai 1961, à une époque où la guerre froide entre les deux superpuissances battait son plein.
Ce lanceur comporte 3 étages à ergols liquides, est le dernier né de la famille conçue par Wernher von Braun.
La première mission Apollo non habité fut lancé 26 février 1966. Suivi de deux autres. Le premier vol habité n'a lieu qu'en octobre 1968 avec Apollo 7 mais les missions destinées à valider le fonctionnement des différents composants du programme et à effectuer une répétition presque complète d'une mission lunaire, se succèdent rapidement.


Saturn 5
Apollo 7 servit à tester les modules de commande et de service.
Apollo 8 expérience lunaire 10 révolutions autour de la Lune
Apollo 9 orbite basse et sortie dans l’espace de 67 minutes de Mr Schweickart
Apollo 10 expérience lunaire. Le module s'approche à 15 Km de la Lune
Les missions Apollo 11, 12, 14, 15, 16 et 17 aluniront dans des endroits différents sur la Lune. Trois missions Apollo 18, 19 et 20 ont du être annulées pour cause de restrictions budgétaires.



1967 - Programme Soyouz Union soviétique

Le programme Soyouz de vol habité a été lancé au début des années 1960 dans le cadre du programme lunaire qui avait pour objectif de conduire un cosmonaute soviétique sur la Lune. Soyouz 1 a été placé sur orbite le 23 avril 1967, avec un cosmonaute, le colonel Vladimir Mikhailovich Komarov, qui fut tué lors de l'écrasement de son vaisseau à son retour sur Terre. Soyouz

Le premier arrimage a lieu le 16 janvier 1969 entre Soyouz-4 et le Soyouz-5. Les cosmonautes Khrounov et Elisséiev de Soyouz-5 sortent dans le vide spatial et rejoignent Chatalov dans Soyouz-4, ils atterriront le 17 janvier 1969. B. Volynov resté seul dans le Soyouz-5 atterrira le 18 janvier 1969.

1969 - Premiers pas sur la Lune

Aldrin sur Lune Le 20 juillet 1969 la mission Apollo 11 est lancée depuis le centre spatial Kennedy par la fusée géante Saturn V. Elle emporte un équipage composé de Neil Armstrong, Edwin « Buzz » Aldrin et Michael Collins qui restera en orbite lunaire. Armstrong et Aldrin, après un alunissage comportant quelques péripéties, séjournent 21 heures et 30 minutes à la surface de la Lune et effectuent une sortie extravéhiculaire unique d'une durée de 2 heures et demi.
Cinq autres missions se sont posées par la suite sur d'autres sites lunaires et y ont séjourné jusqu'à trois jours.
Le module lunaire ou LEM (pour Lunar Excursion Module) est le véhicule spatial utilisé dans le cadre du programme Apollo (1961-1972) pour débarquer des hommes sur la Lune.
Son rôle est de faire atterrir sur la Lune deux des trois membres d'équipage du vaisseau Apollo avec des équipements scientifiques, de leur permettre d'y séjourner de deux à quatre jours avant de décoller pour rejoindre le Module de Commande et de Service (CSM) resté en orbite lunaire et chargé de ramener l'équipage sur Terre.
Le LEM comporte deux étages : un étage de descente dont le rôle principal est de faire atterrir verticalement le module lunaire grâce à un moteur à poussée variable et un étage de remontée doté de son propre moteur et dans lequel se situe la cabine pressurisée où séjournent les astronautes.
Module Lunaire

Citons les 6 autres missions… dont 5 réussies.
La mission Apollo XII avec Pete Conrad (commandant) et Alan Bean pilote du module lunaire qui se poseront sur la Lune alors que Richard Gordon reste avec le module de commande.
Apollo XIII est la mission qui a enthousiasmé les médias et les cinéphiles : "Houston nous avons un problème" par son semi-échec (ils ne se sont pas posé sur la Lune mais ont su réparer d'énormes dégâts. Le commandant est Jim Lovell le pilote du module de commande Jack Swigert alors que Fred Haise est en charge du module lunaire.
Apollo XIV est composé de son commandant Alan Bartlett Shepard Jr du pilote du module lunaire Edgard Dean Mitchell et du pilote du module de commande Stuart Allen Roosa.
Apollo XV avec dans le même ordre David R. Scott, James B. Irwin et Alfred M. Worden. C’est la première mission faisant intervenir le rover lunaire, parcourant 27,9 kilomètres.
Apollo XVI avec John W. Young, Charles M. Duke Jr et Thomas K. Mattingly… et un rover Lunaire.
Apollo XVII, du 7 au 19 décembre 1972, est la dernière mission du programme spatial Apollo à emmener des hommes… et un rover, à la surface de la Lune. L'équipage est constitué de Harrison Schmitt , Gene Cernan et Ronald Evans pour le module de commande

1970 - Les premiers succès Chinois

Comme les autres puissances spatiales, la Chine a commencé par développer des missiles balistiques qui ont par la suite constitué le point de départ pour la réalisation de lanceurs.
Après plusieurs échecs, le 26 avril 1970 la fusée "Longue Marche" met en orbite le premier satellite chinois Fang Hong I (L'Orient est rouge). Les fusées Longue Marche constituent une famille de lanceurs développés par la Chine. Elle regroupe en fait trois sous-ensembles de lanceurs qui ne partagent aucun composant. La Longue Marche 1 un lanceur spatial léger utilisé à trois reprises au début du programme spatial, les lanceurs légers/moyens Longue Marche 2, 3 et 4 développés à partir du missile balistique intercontinental Dong Feng 5


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Long March 2

1971 - Programme Saliout - Union soviétique

Les stations Saliout (19 t au lancement, 100 m3 de volume habitable) pouvaient abriter des équipages de 2 ou 3 personnes pour des séjours de plusieurs mois, ou des équipages comptant jusqu'à 6 personnes pour des périodes de quelques jours. Elles pouvaient effectuer des manœuvres de changement d'orbite grâce à un bloc propulseur situé à l'arrière. Une pièce d'amarrage située à l'avant permettait l'amarrage des vaisseaux de transport Soyouz assurant le transfert aller-retour des équipages entre la Terre et la station. Ces stations ont été utilisées pour des recherches scientifiques et techniques. Elles ont servi également de banc d'essais pour la mise au point des techniques nécessaires au développement de bases spatiales permanentes.

 Vaisseau Saliout-7 Saliout 1 a été satellisée en 1971, mais le programme n'a atteint son véritable développement qu'avec Saliout 6, en 1977, dotée d'une seconde pièce d'amarrage, pouvant recevoir soit un vaisseau piloté Soyouz, soit un vaisseau de ravitaillement automatique de type Progress.
Le premier équipage de visite de la station Saliout 7 (dessin ci-contre), en 1982, comprenait le premier spationaute français, Jean-Loup Chrétien.


1971 - Programme SkyLab - États-Unis

Skylab de Sky Laboratory « laboratoire du ciel » en français est la première station spatiale lancée par l'agence spatiale américaine, la NASA. Elle est développée dans le cadre du Programme des applications Apollo mis en place en 1965 pour donner une suite au programme Apollo. Le projet est lancé dans un contexte de réduction budgétaire des dépenses spatiales américaines et l'architecture retenue repose essentiellement sur la réutilisation de composants existants. La station spatiale longue de 35 mètres et d'une masse de 90 tonnes, est un assemblage du troisième étage de la fusée Saturn V et du module de commande Apollo.
Skylab est mise en orbite le 14 mai 1973 à une altitude 430km, elle a accueilli trois missions en mai, juillet et novembre de cette même année.

Ces missions ont permis de mener les premières études sur le comportement de l'homme en état d'apesanteur au cours de moyens séjours, et d'effectuer 10 sorties dans l'espace, soit un total de 42 heures. Abandonnée ensuite faute de crédits, une dilatation de l’atmosphère terrestre due à une forte activité solaire provoquera sa retombée prématurée et la station se désintégra dans l'atmosphère le 11 juillet 1979 au-dessus de l'Australie où tombèrent de nombreux débris.


 Cabine SkyLab

1975 - Rencontre orbitale Apollo - Soyouz

Apollo Soyouz Les soviétiques décollent de Baïkonour à bord de Soyouz 19 le 15 juillet 1975 à 12h20 GMT et le vaisseau est placé en orbite terrestre à 225 km d'altitude.
Le même jour à 19h50 GMT Saturn 1B décolle du pas de tir 39B de Cap Kennedy. Ces deux lancements sont retransmis dans le monde entier. Les deux vaisseaux s'arriment le 16 juillet à 16h09 GMT au-dessus de l'Europe et, à 19 heures 20, l'écoutille séparant les deux vaisseaux est ouverte.

1981 - Navette spatiale États-Unis

La Lune ayant été explorée, les américains changent d'objectif avec les navettes spatiales, qui sont récupérables : après un séjour dans l'espace, la navette revient sur la terre en planant. L'intérêt d'une telle procédure est de pouvoir réparer un satellite et même de le ramener sur terre.
La navette spatiale américaine ou Space shuttle en anglais constitue à la fois un lanceur et un vaisseau spatial. Elle est composée de trois sous-ensembles : l'orbiteur, le réservoir externe et deux propulseurs d'appoint. Six navettes ont été conçues depuis 1976 : Enterprise, Columbia, Challenger, Discovery, Atlantis et Endeavour. L’Enterprise fut un démonstrateur et n’est jamais allé dans l’espace.
La navette spatiale pèse plus de 2 000 tonnes et peut placer en orbite basse 7 astronautes et 24,5 tonnes de charge utile. D'une polyvalence inégalée : elle dispose d'une grande soute, d'un bras permettant le maniement de lourdes charges dans l'espace et d'un sas utilisé pour les sorties extra-véhiculaires ou l'amarrage à une station spatiale.
Les navettes spatiales ont effectué un total de 135 vols.
Navette Columbia
Navette atterrissage C'est la navette Discovery qui effectue le premier vol le 12 avril 1981. Après la destruction de la navette spatiale Challenger début 1986 qui entraîne la perte de son équipage, l'utilisation de la navette est limitée au lancement des satellites non commerciaux et aux expériences scientifiques en orbite.
Un deuxième accident en 2003, accompagné une fois de plus de la perte de l'équipage, accélère la décision de retirer la flotte des navettes dont le dernier vol a eu lieu en juillet 2011.


1986 - Station spatiale Mir

Après le succès du programme Saliout, l'Union soviétique décide de constuire une station spatiale permettant l'exploitation spatiale habitée à long terme par une série d'équipages effectuant des séjours de longue durée. Mir représentait donc l’étape suivante du programme de station spatiale de l'Union soviétique. Mir signifiant « paix » et « monde » en russe fut mise en orbite basse le 19 février 1986 et détruite volontairement le 23 mars 2001. Elle fut assemblée entre 1986 et 1996 par six autres modules, tous lancés par des fusées Proton.
La station était un grand laboratoire scientifique dans l'espace, d'une masse supérieure à 100 tonnes. Excepté pendant deux périodes courtes, elle a été habitée sans interruption jusqu'en août 1999. La station subira deux accidents graves en 1997 (un incendie et une collision avec un cargo Progress). Elle était desservie par des vaisseaux spatiaux Soyouz et Progress ainsi que par les navettes spatiales américaines, après la dissolution de l'Union soviétique
Station Mir

1986 - SAFER - États-Unis

SAFER ou Simplified Aid for EVA Rescue «Aide simplifiée pour sortie extravéhiculaire» est un petit système de propulsion autonome, accroché au dos de l'astronaute lors des sorties extravéhiculaires qui lui permet de revenir à son point de départ si, à la suite d'une fausse manœuvre, il part à la dérive dans l'espace sans être retenu par un câble de sécurité. Il a été développé par la NASA pour limiter le risque des sorties liées aux opérations d'assemblage et de maintenance de la Station spatiale internationale.

1988 - Programme Ariane Europe

En 1973, onze pays, rassemblés sous l’égide de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), décident de l’indépendance de l’Europe dans le domaine spatial : le programme Ariane est lancé. Six ans plus tard, en 1979, Ariane 1 décolle de Kourou.
Ariane 4 était un fusée à trois étage, le premier étage était propulsé par quatre moteurs Viking, le second par un seul Viking 4, et le troisième par un moteur cryogénique HM-7B. Le premier lancement eut lieu le 15 juin 1988, et fut une parfaite réussite.
Fruit de la coopération d’une quarantaine de sociétés dans 11 pays européens, Ariane 4 fut conçue à l’origine pour des charges utiles de 2 à 4,2 tonnes en orbite de transfert géostationnaire, les six versions d’Ariane 4 ont permis, avec l’aide de propulseurs d’appoint, de lancer à plusieurs reprises des charges utiles de plus de 4,9 tonnes.
Fusee Ariane 4

1988 - Navette spatiale soviétique

BouraneEnvol Le programme de vaisseau spatial réutilisable soviétique Bourane, « Бура́н » signifie « tempête de neige » en russe, a été décidé en 1970 en réponse au programme américain de navettes spatiales. Les dirigeants soviétiques, qui étaient persuadés que ce programme américain serait utilisé à des fins militaires, ont voulu disposer d'un engin équivalent afin de maintenir l’équilibre des puissances durant la guerre froide.
La construction du lanceur Energia et de cinq navettes a été lancée mais une seule a volé. Un deuxième exemplaire a été achevé tandis que la construction des trois autres était en cours lorsque le programme a été arrêté.
Bourane a 2 réacteurs à l'arrière lui permettant de voler lors de sa rentrée dans l'atmosphère, mais la principale différence avec la Navette américaine, est que Bourane peut voler en mode automatique sans pilote à son bord, du décollage de la fusée à son atterrissage sur le tarmac.
Le projet a été abandonné après son premier vol faute d’argent et du fait de la situation politique en URSS.


Le seul et unique vol orbital (en mode automatique) de la navette a eu lieu le 15 novembre 1988 dans des conditions météo défavorables. Après huit minutes de vol, Bourane a été placée en orbite à 160 km d'altitude ; la navette a ensuite utilisé ses propres moteurs pour atteindre 250 km, a fait deux fois le tour de la Terre avant de revenir et d’effectuer un atterrissage en mode automatique sur l’aérodrome de Baïkonour.


Bourane Atterr

1996 - Ariane 5

Fusee Ariane 5.png Ariane 5 est un lanceur de l'Agence spatiale européenne (ESA), développé pour placer des satellites sur orbite géostationnaire et des charges lourdes en orbite basse. Développé à compter de 1995 pour remplacer Ariane 4 dont les capacités limitées ne permettaient plus de lancer de manière concurrentielle les satellites de télécommunications de masses croissantes.
Ariane 5 est composée d'un corps central monoétage pourvu de deux accélérateurs à poudre et d'un étage supérieur. Cette architecture, bâtie autour d'un étage principal cryotechnique, allie simplicité et robustesse avec un nombre d'éléments propulsifs limité, tout en offrant un important potentiel évolutif, notamment au niveau des parties hautes.
Le premier lancement a eu lieu en 1996 et le lanceur a souffert de débuts difficiles avec deux échecs totaux et deux échecs partiels sur les quatorze premiers lancements.


1998 - Station spatiale internationale

La Station spatiale internationale (en anglais International Space Station ou ISS) est une station spatiale placée en orbite terrestre basse,(altitude d'environ 340 kilomètres, à une vitesse de 27 700 km/h) occupée en permanence par un équipage international qui se consacre à la recherche scientifique dans l'environnement spatial.
Le premier élément de la Station Spatiale Internationale, le module Zarya, a été mis en orbite par une fusée Proton le 20 novembre 1998. Une fois terminée, L'ISS s'étend sur 110 m de longueur, 74 m de largeur et 30 m de hauteur et a une masse d'environ 415 tonnes. Plus de 40 vols ont été nécessaires afin d’assembler la centaine d’éléments qui la composent. Son énergie est fournie par les plus grands panneaux solaires qui aient jamais été construits, d'une puissance maximale de 110 kW.
Station ISS.png

Pour réaliser ce projet d’une ampleur inégalée, les Etats-Unis, la Russie, le Canada, le Japon, et l'Europe avec 11 pays membres de l'ESA (dont la France) ont uni leurs compétences.

2003 - Premier vol en orbite - Chine

Le 15 octobre 2003 Yang Liwei est le premier Chinois à effectuer un vol orbital autour de la Terre à bord du vaisseau spatial Shenzhou 5, propulsé par une fusée Longue Marche 2F du centre spatial Jiuquan (nord-ouest), dans le désert de Gobi. Le taïkonaute est resté 21 heures dans l'espace. Cet exploit permet à la Chine de devenir la troisième puissance, après la Russie et les Etats-Unis, capable d'envoyer un homme dans l'espace par ses propres moyens.

Cabine Shenzhou V

Schéma de Shenzhou V

Fusee March 2F

2008 - Sortie dans l'espace ou sortie extravéhiculaire chinoise

Sortie ZhaiZhigang Le vaisseau spatial Shenzhou-7 transportant trois membres d'équipage Zhai Zhigang, Liu Boming et Jing Haipeng, a été lancé le 28 septembre 2008 par une fusée Longue Marche 2F depuis le Centre spatial de Jiuquan. Pour cette troisième mission habitée du programme Shenzhou, trois astronautes ont pris place à bord de la capsule.
Le taïkonaute Zhai Zhigang a accompli une sortie extravéhiculaire d'environ 15 minutes.


2012 - Mars Science Laboratory

Mars Science Laboratory est une mission d'exploration de la planète Mars à l'aide d'une astromobile (rover) baptisé Curiosity. La sonde spatiale a été lancée le 26 novembre 2011 et s'est posée le 6 août 2012 dans le cratère Gale. Alors que les rovers précédents, Spirit et Opportunity, étaient orientés sur l’analyse des roches et de leur altération, ce rover aura un objectif spécifique de détecter les traces d’une chimie organique ancienne voire prébiotique. Il tentera de déceler des constituants fossiles de la matière vivante : les atomes de carbone ou certaines molécules organiques (protéines).


Mars Rover

2013 - Lapin Jade

Pour rattraper son retard sur Moscou et Washington, Pékin lance de la base de lancement de Xichang sa première sonde destinée à se poser sur la Lune baptiséé "Lapin de Jade". Lapin de jade s’est posé sur la Lune le 14 décembre pour une mission censée durer trois mois. Un petit véhicule à six roues, baptisé Yutu, du nom du «Lapin de Jade», créature légendaire dans la tradition chinoise doit observer la géologie et l'astronomie. Lapin jade

Tourisme spatial

Le tourisme spatial commence à se développer. Il est bien sûr réservé aux personnes particulièrement fortunées qui peuvent débourser plusieurs millions pour participer à l'aventure spatiale. C'est donc avant tout une entreprise commerciale. Plusieurs sociétés développent de tels projets.

Créé par la société Virgin Galactic le SpaceShipTwo accroché sous son avion porteur WhiteKnight Two (double fuselage) peut emporter 2 pilotes et 6 passagers. Le WhiteKnight Two est capable de larguer le SpaceShipTwo à une altitude de l'ordre de 15 000 mètres. Ensuite le SpaceShipTwo propulsé par un moteur-fusée atteindra par un vol parabolique les 110km (limite théorique de l'Espace). Un exemplaire de cet avion à deux carlingues a effectué son premier vol le 21 décembre 2008. White Knight Two

Et demain ?

Des taïkonautes "Chinois" se poseront certainement sur la Lune avant 2020. Et puis... et puis pourquoi pas des humains sur la planète Mars avant 2050.!


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