HISTOIRE DE L'AVIATION

LES PREMIERS VOLS



1901 - 1903

Ferdinand Ferber né à Lyon en février 1862, commence à construire et à tester une série d'appareils qui lui permettent d'établir des données et de dégager des principes dont vont s'inspirer largement les pionniers de l'aviation. Il construit son cinquième appareil pesant 50 kg pour une envergure de 9,50 m et 33 m² de surface. Au premier essai, il parcourt 25 mètres puis 50 au deuxième. En 1903 il l'équipe d'un moteur et il accroche sa machine volante à une grue qui tournait comme un véritable manège.
Il meurt accidentellement au cours d'un atterrissage à Beuvrequen près de Boulogne-sur-Mer le 22 septembre 1909.
Ferber Grue

1904 - 1905

Ont été des années calmes, au cours desquelles il n'y a pas eu d'événement marquant. Ce sont certainement les frères Wright qui parcourent alors les plus grandes distances mais dans le secret.
Création de la Fédération Aéronautique Internationale ( la F.I.A.) : à partir de là, il sera possible d'enregistrer les performances et les records.

1906

Santos Daumont 14 Bis Alberto Santos-Dumont est né le 20 juillet 1873 à Palmira au Brésil.Le 23 Octobre 1906,ce richissime Brésilien résidant en France, effectue un premier vol de 60 m en distance, à 3 m de haut dans le parc de Bagatelle près de Paris. Son avion, le "14 bis" est un biplan, doté d'un train d'atterrissage constitué de deux roues de bicyclette. Il est équipé d'un moteur léger et puissant de 50 CV appelé "Antoinette", conçu et fabriqué par Levasseur. Peu de temps après, il parcourt 220 m en distance, à la vitesse de 41 km/h.

Les essais et les recherches se multiplient : français, allemands, anglais, américains, russes, italiens... Mais les français sont les plus actifs, avec Voisin et Ferber. Des mécènes s'intéressent à l'aviation et promettent une prime à celui qui effectuera la première boucle de 1 km.

Robert Esnault-Pelterie, né 1881 à Paris et mort 1957 à Nice. On lui doit notamment les inventions de l'aileron (1905) et du manche à balai (1906) ainsi que le perfectionnement et le développement du moteur en étoile. (ci-dessous)


Esnault-Pelterie
Moteur Pelterie Avec cinq cylindres en éventail (il ne peut disposer les cylindres la tête en bas à cause du graissage), le moteur R.E.P développe une puissance de 35ch. Le refroidissement du moteur se fait par une circulation d’air autour des cylindres, lesquels sont dotés d’ailettes de refroidissement. On supprime ainsi les 22 à 25 kg de poids du refroidissement par eau chemises, tubulures, radiateur, pompe à eau, et liquide de refroidissement.

1908

Issu d'un père anglais et d'une mère française installés à Paris, Henri Farman, effectue le 13 janvier 1908 au-dessus du terrain d'Issy-les-Moulineaux à bord d'un biplan Voisin, utilisant un moteur V8 Antoinette de 50 ch, le premier vol officiel en circuit fermé d'un kilomètre, d'une durée de 1 minute et 28 secondes. Le 21 mars 1908, Henry Farman va parvenir à réaliser un vol de plus de 2 kilomètres en 3 minutes et 31 secondes dans le ciel d'Issy-les-Moulineaux, pilotant un appareil Voisin de 50 chevaux.
Farman sur Voisin 1Km.png

Le 30 octobre 1908 à bord d'un aéroplane Voisin il effectue la liaison Bouy-Reims : 27 km en 20 minutes avec un passager à bord. Et le lendemain 31 octobre 1908, il s'adjuge le prix de hauteur au camp de Châlons en parvenant à passer au-dessus d'un pylône de 25 mètres de haut, Farman volant à 30 mètres d'altitude.

Les frères Wright sont venus s'établir en France. Leurs performances sont modestes au début, inférieures à ce qu'ils réussissaient aux U.S.A.. Mais ils se rattraperont vite par la suite. A la fin de l'année, ils arrivent à parcourir une distance de 124 km à 66 km/h. Ils montent une école de pilotage à Pau. On commence à parler de Louis Blériot et de Louis Bréguet. Mais aussi de Gabriel Voisin et de Henri Farman.

Tenant compte de ses erreurs passées, Santos- Dumont dessine en octobre 1907 une machine ultralégère, un monoplan minuscule (huit mètres de longueur) qui est construit à Neuilly par son équipe en moins de quinze jours. La machine N°19 baptisée "Demoiselle" est présentée le 16 novembre 1907 à Issy-les- Moulineaux et ne ressemblait à aucun autre aéroplaane. 6 mètres de longueur et 5 mètres d'envergure, l'aile était faite de bois de sapin recouvert de toile de soie vernissée.La version du musée récupérée après le première guerre mondiale.
Daumont Demoiselle.png
Daumont Demoiselle 19.png Cet appareil fut reconstruit en 1908-09 et vola en mars 1909. Le pilote était assis sur une bande de cuir au niveau des roues de bicyclettes du train d'atterrissage. Le moteur bicylindre à plat refroidi par air au-dessus de sa tête.
A gauche un volant pour la direction; à droite un levier pour la profondeur et sous le pied droit l'accélérateur. Et le fameux gilet pour le gauchissement.

1909 - Traversée de la Manche

Le 5 octobre 1908, le journal britannique « Daily Mail » crée un prix de 1 000 livres sterling, pour récompenser l’aviateur qui réussira à traverser la Manche au moyen d’un plus lourd que l’air.
En compétition trois concurrents :
- Hubert Latham (1883-1912), avec un appareil « Antoinette IV » construit par Léon Levavasseur.
- Louis Blériot (1872-1936) avec son « Blériot XI ».
- Charles de Lambert (1865-1944), comte russe d’origine française, avec un avion Wright.

Hubert Latham.png Le 19 juillet Hubert Latham sur son « Antoinette IV » décolle à 6 h 47 du matin du cap Blanc Nez. Brusquement, alors que le vol est des plus réguliers, le moteur s’arrête et l’avion tombe à la mer, à 18 km des côtes françaises. Heureusement pour le pilote, le fuselage qui est en forme de coque de bateau, flotte sur la mer… L’« Antoinette IV » est hissée par le torpilleur « Le Harpon » et transportée à Calais par le remorqueur « Le Calaisien »

Après un vol d’essai de 10 minutes, jugeant le temps propice, Louis Blériot s’envole le 25 juillet à 4 h 35, juste après le lever du soleil comme l'impose le règlement de l'épreuve Volant à une altitude de 80 à 100 mètres, à la vitesse moyenne de 60 km/heure, il va atteindre la côte anglaise. Ayant dérivé vers le nord-est, et ne pouvant pas franchir les falaises, il vire vers la gauche en longeant la côte pour trouver un endroit propice à l’atterrissage, si possible Shakespeare Hills.
BleriotXI avant Vol
BleriotXI Douvres Blériot découvre enfin la prairie de North Foreland Meadow, que lui signale comme convenu, en agitant un drapeau tricolore, le journaliste du quotidien « Le Matin », Charles Fontaine. L’atterrissage est brutal ; le châssis de l’avion s’affaisse et une pale de l’hélice Chauvière se détache. Mais la Manche, soit 38 km, est franchie en 32 minutes. La terre a été touchée à 5 h 17.
Le moteur du Blériot XI.
Apparu en avril 1909, le 3 cylindres en éventail Anzani développe 24 ch à 1 100 tours (régime de l’hélice) ou 30 ch à 1 400 tours pour un poids de 73 kg en ordre de marche (pistons en fonte). Le refroidissement est bien sûr par air. Les cylindres comportent des ailettes sur la moitié de la longueur du fût.
 Moteur Anzani

Charles de Lambert s’est installé, lui, à Wissant, à côté de Boulogne-sur-Mer. Il a pour appareil un biplan « Wright » construit par Toxna, muni d’un moteur Bariquand et Marre de 24 CV. Sa tentative lui paraît-elle superflue après la réussite de Blériot. Mais Le 27 juillet, à 8 h 30, il décide d’effectuer un essai avant de prendre une décision. Un mauvais atterrissage met son appareil momentanément hors d’usage. Les circonstances ont décidé pour lui, il abandonne,

Antoinette en Vol Conçu et construit en France par Léon Levasseur l'élégante Antoinette fut l'un des premiers monoplans dotés d'un moteur à l'avant et d'un système de gauchissement des ailes contrôlant la stabilité latérale. Cette avion restera le candidat malheureux pour la traversée de la manche avec Hubert Latham en 1909. L'engin est surtout célèbre pour son moteur.

Le Moteur "Antoinette" que Santos-Dumont utilisa pour la première fois en 1906 est un moteur à 8 cylindres en V refroidi par eau, de 50 ch.Ses caractéristiques très en avance sur leur temps firent de l'Antoinette un moteur sûr, robuste et suffisamment puissant.

Moteur Antoinette

1910

Les exploits se succèdent. Les distances s'allongent :
Londres-Manchester (300 km);
Traversée de la Manche aller et retour;
Paris-Bruxelles-Paris avec un passager;
En altitude, on atteint les 1.000 m puis les 3.000 m.
Le record de vitesse est passé de 80 km/h à 109 km/h.
Un jeune pilote brésilien de 23 ans, Christian Chavez, survole les Alpes à 2000 m d'altitude. Mais il se tue à l'atterrissage.
Premier brevet féminin de pilote : la baronne Raymonde de Laroche.
On se met à voler de nuit et même par mauvais temps, on prend des photos d'avion, on établit des liaisons radio air-sol. Les militaires s'intéressent à l'aviation. On crée une section aérienne dans l'Armée Française, sous les ordres du Général Roques. On crée des brevets militaires et on organise des compétitions militaires.

Farman M7 Le Maurice Farman MF-2 est présenté à la fin de l’année 1910. Il répond en fait à un cahier des charges de l’Armée. C’est un solide biplace d’observation qui porte une nacelle formant une coque rigide protégeant pilote et observateur. Le MF-2 admet indifféremment comme moteur arrière un V8 Renault refroidi par air ou par eau,le V8 de 70ch ou les V8 et V12 de 90 ch. Le MF-2 se caractérise par une charge emportée considérable, pour l’époque : près de 600 kg ! C’est évidemment pratique quand on veut battre un record de durée.
La baronne Raymonde de Laroche est la première femme, en France et dans le monde, à obtenir, le 8 mars 1910 à Mourmelon, le brevet de pilote n° 36 de l'Aéro Club De France.



Baronne De Roche
Henri Marie Coandă a fait des expériences aérodynamiques préliminaires et a construit, dans l'atelier de carrosserie de Joachim Caproni, le premier avion à propulsion réactive, en fait un avion à réaction : l'air était aspiré à l'avant par un compresseur, puis dirigé vers une chambre de combustion (une de chaque côté, à l'avant de l'appareil) qui fournissait la poussée. Le compresseur était alimenté en énergie par un moteur à piston classique.

Coanda 1910.png

Lors du premier essai, à l'aéroport d'Issy-les-Moulineaux, de longues flammes sortent de la tuyère d'échappement. Henri Coandă coupe immédiatement le moteur, mais celui-ci a une inertie bien plus forte qu'un moteur à hélice : il continue un instant à délivrer une force propulsive, suffisante pour faire décoller l'avion (alors que ce n'était pas l'intention du pilote). Le moteur étant coupé, l'avion s'est écrasé contre un mur, après avoir éjecté son pilote. Henri Coandă s'en est tiré avec quelques brûlures et contusions mineures. On raconte que Gustave Eiffel lui aurait dit : « Jeune homme, vous êtes né 30 ans trop tôt ! ». Coandă abandonne le moteur à réaction.

1911

Pequet Inde lettres Le Français Henri Pequet à l'âge de 23 ans se rend en Inde pour faire des démonstrations acrobatiques. À cette occasion, il transporte 6 500 lettres entre Allahabad et Naini, deux villes situées à 10 km l'une de l'autre. Chaque lettre porte le cachet spécial First Aerial Post, U.P. Exhibition Allahabad 1911.
⇐ Au premier plan, le mécanicien anglais Aichin

Les pilotes sont de plus en plus nombreux.
La population commence à s'intéresser à l'aviation et les mécènes aussi. Les frères Michelin créent le Grand Prix Michelin : ils promettent une prime de 100.000 Fr à celui qui assurera la liaison Paris-Clermont-Ferrand (366 km) avec un passager à bord et qui se posera au sommet du Puy-de-Dôme.
PLaque au Puy-Dome

1912

En France, le Parlement a créé l'Aéronautique Militaire.
En Angleterre, on crée ce qui deviendra la R.A.F.
Le capitaine Albert Berry est l'une des deux personnes créditées comme la première personne à réussir un saut en parchute à partir d'un avion motorisé. L'autre candidat est Grant Morton , qui aurait sauté d'un Wright Model B survolant Venice Beach, Californie en 1911. Il aurait eu comme pilote Phil Parmalee.

Berry  avant le saut.png C’est le 1er mars 1912 que l’américain Albert Berry a réalisé le premier saut en parachute de 1500ft (500m) à bord d'un biplan Benoit à Jefferson Barracks, Missouri. L'avion était piloté par Tony Jannus. Le parachute de 11 mètres de diamètre était contenu dans une boîte de métal en forme de cône fixée sous les pieds des pilotes. Albert Berry (à droite) devait quitter sa place et gagner l’axe du train d’atterrissage. Plutôt que d'être attaché au parachute par un harnais, Berry était assis sur une barre de trapèze, et en sautant le poids de son corps suffisait à tirer le parachute de son enveloppe. Selon Berry, il a chuté de 500 pieds (152 m) avant que le parachute s'ouvre.

Il commence à se créer un peu partout dans le monde de grandes usines aéronautiques : Voisin, Farman, Blériot, Breguet, Wrigt Morane-Saulnier en France. A l'étranger : Cessna, Bell, De Havilland, Douglas, Curtiss aux U.S.A. ; Fokker aux Pays-Bas ; Sirkosky en Russie. Certaines de ces usines existent encore.
Breguet 3 ⇒
Breguet.3.Brayelle
Avro F avec cabine L'Avro F est un avion monoplace de course britannique et probablement le premier avion au monde à disposer d’une cabine fermée. C’est fin 1911 que fut lancée la construction de cet appareil.
Équipé d’un moteur 5 cylindres en étoile Viale de 35 ch, le prototype prit l’air le 1er mai 1912 à Brooklands. Le 17 mai il atteignit l’altitude de 305 m et une présentation publique fut organisée à Hendon le 25 mai.

Le Deperdussin Monocoque à mi-aile monoplan est un avion français conçu par l'ingénieur Louis Béchereau qui réalise le premier fuselage monocoque (rigidité assurée par la coque et non par l'armature). Le fuselage est constitué d'une coque en bois moulé sur une forme profilée.


Farman 1912.png En 1912, le Français Fourny bat le record de distance en avion avec plus 1 000 kilomètres parcourus : exactement 1 010,9 kilomètres, à Estampes. Au cours de ce vol, Fourny améliore également le record de temps de vol : 13 heures, 17 minutes et 57 secondesaux commandes de son biplan Farman équipé d’un moteur Renault de 70 CV.

En 1911 34 pilotes sur 500 ont trouvé la mort ! Le baron Odkolek von Ujezd génial inventeur pense a une solution… le siège éjectable. Et le 12 décembre 1912 : un mannequin du poids d'un homme, équipé d'un parachute, est éjecté d'un avion en vol à l'aide d'un petit canon. C'est un succès total. Mais il faudra attendre encore 35 ans et l'avion à réaction pour que l'usage de ce siège éjectable soit généralisé, sauvant ainsi la vie de nombreux pilotes.

Siege Ejectable.png
Fokker SpinIII.png A l'age de 20 ans, Anthony Fokker construit son premier avion, le Spin (Araignée), dans un hangar à dirigeables Zeppelin, à Baden-Baden. En 1912, il fonde la compagnie Fokker Aeroplanbau à Berlin (en Allemagne). Celle-ci déménage ensuite dans la ville de Schwerin.
⇐ Fokker SpinIII

On commence à pratiquer la voltige aérienne, le "cirque Blériot", médisent les confrères.... Ce cirque fait connaître l’aviation et vendre des modèles. Dans cet esprit, en octobre Domenjoz, Pégoud, et Perreyon créent à Buc la première formation d’une patrouille de vol acrobatique, s’exhibant devant un public de 20.000 personnes. Les appareils volent ensemble, grimpant et planant, réalisant des virages serrés, suivant un programme préalablement convenu, le tout dans une beauté rythmique qui était attractive. Ils ont inventé le Show aérien.

Première Patrouille

C'est le début des raids et des grands voyages et la traversée du continent américain, de New-York à la Californie (5.000 km) mais c'est laborieux : 82 heures de vol mais en 49 jours, avec 68 escales et beaucoup d'hélices cassées

1913

Pegoud  avant le saut.png Frédéric Bonnet, dauphinois comme Pégoud est monté à Paris à la recherche d’un pilote pour expérimenter son invention. Il s’agit d’un nouveau système de parachute maintenu sur le fuselage au moyen d’une plaque incurvée tenue par une chambre à air et que l’on peut libérer à tout moment en plein vol en cas d’avarie. Le parachute composé de trois tissus différents mesure 11 m de diamètre et comporte un trou de 14 cm en son centre.
⇐Adolphe Pégoud

Le 19 août 1913, à l'aide d'un parachute disposé sur le haut du fuselage, l'aviateur Célestin Adolphe Pégoud, saute au-dessus de l'aérodrome de Châteaufort dans les Yvelines d'un vieux Blériot XI sacrifié pour l'occasion !
C'est en regardant son " coucou faire le guignol tout seul" que lui vint l'idée de réaliser des acrobaties.
Pegoud Saut avion
Ce 1er septembre sur le terrain de Port-Aviation, à Viry-Chatillon, Pégoud met son avion en piqué et dépasse la verticale. Il se retrouve ainsi la « tête en bas », les roues en l’air sur 400 m et redresse alors son appareil tranquillement. Le lendemain 2 septembre, Pégoud réitère la manoeuvre à l’Aéroparc de Buc, devant des représentants de l’aviation civile et militaire et un public nombreux et accomplit un tour complet. le 21 septembre, à Buc, il exécute cette fois toute une série de figures de voltige aérienne et termine par un boucle (looping). Il décède le le 31 août 1915 au combat.

Le premier looping de l’histoire n’est pas français. Il a été réalisé par le Russe, Pyotr Nesterov le 9 septembre 1913 à Kiev sur monoplan Nieuport IV , soit une douzaine de jours avant Pégoud.

Le 23 septembre, Roland Garros sur son Morane-Saulnier type H (moteur en étoile Gnome de 60 CV), traverse la Méditerranée, de St Raphaël à Bizerte :730 km dont 500 au dessus de la mer. Il vole à 2500 mètres d'altitude, sans moyen radio. Il avait 250 litres d'essence au départ, il lui reste à peine 5 litres à l'atterrissage. Parti de l’aérodrome de Fréjus à 5h22 du matin, il arrive à Bizerte, port Tunisien, à 13h45 soit 7 h 53 minutes de vol.

Morane-Saulnier H.png
Deperdussin Record vitesse 29 septembre 1913, le Français Marcel Prévost remporte la «Coupe Gordon Bennett » sur un « Deperdussin » en bouclant les 200 km du parcours en 59 minutes et 45 secondes. Prévost bat ainsi le record de vitesse moyenne (200,836 km/h) et de vitesse pure (203,850 km/h).


En 1913 sur un hydravion à flotteurs Deperdussin équipé d'un moteur Gnome de 250 ch, Prévost remporta la première Coupe Schneider en parcourant en 2 h 50 mn les 280 kilomètres du circuit de Monaco.

Deperdussin Hydravion
Morane Saulnier Le 28 décembre 1913 : Georges Legagneux améliore le record d'altitude en avion à bord d'un Morane Saulnier C (modifié mais sans aide respiratoire) 6120 mètres, au-dessus de Saint-Raphaël.

Le Sikorsky Ilia Mourometz A fut conçu à l'origine pour transporter confortablement des passagers. Il possédait un salon, des fauteuils, une chambre et des toilettes. La cabine était chauffée et possédait un éclairage électrique. Les premiers essais commencèrent le 10 décembre 1913 et le premier vol eut lieu le 25 février 1914 avec 16 passagers. Du 21 au 23 juin 1914, l'appareil rallia Saint-Pétersbourg à Kiev en 14 h 38 min en effectuant une seule escale. En août 1914, les avions en service ont été réquisitionnés par l'armée de l'air russe et transformés en bombardiers. Sikorsky Ilia Mourometz

1913 est donc une année glorieuse, marquée par la traversée des Alpes, par le circuit des capitales (Paris-Berlin-Varsovie St.Petersbourg-Stockolm-Copenhague-La Haye-Paris) et par la traversée de la Méditerranée par Roland Garros.
On prépare déjà la guerre et on s'y exerce. La guerre des Grecs contre les Turcs, dés 1911, a permis de mieux préciser le rôle de l'aviation dans un conflit.


Dessin Jeanjean

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